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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 17:52


NIGHTWISH
(1989)




Nightwish s’ouvre sur l’expérience commise par quelques étudiants en parapsychologie avec leur professeur pour tâcher de garder le contrôle des rêves et des cauchemars, visiblement sans succès. Peu après le petit groupe part dans pour une maison isolée dans un décor désertique dans le but d’assister à une expérience surnaturelle : il semblerait que le bâtiment abrite une entité démoniaque et le professeur voudrait avoir la preuve de son existence…






Voilà un film bien étrange, commençant sur une histoire de science-fiction pour ensuite s’orienter vers le cliché du film d’horreur, avec l’habituel groupe aux prises avec une force dangereuse dans un lieu clos. Cet enchaînement soudain de deux sujets aussi différents semble bien confus et, l’espace d’un instant, on se demande s’il n’y a pas un problème de script quelque part. En fait Nightwish est une œuvre extrêmement perturbante au scénario particulièrement chaotique. Un véritable méli-mélo jamais véritablement compréhensible tant les situations s’enchaînes les unes aux autres en faisant fi des précédentes et qui déroute constamment par les réactions ou les agissements des personnages : quelqu’un est tué d’un coup de couteau ? Pas grave, personne ne semble s’en rappeler l’instant d’après. Un autre se fait couper un doigt ? Tant pis, cela ne provoque chez lui guère plus de réaction qu’une vive douleur sur le moment. On parle d’une entité démoniaque pour ensuite voir apparaître des fantômes ou théoriser sur un complot extraterrestre ? Aucune de ces explications ne va se vérifier plus qu’une autre et tant pis pour la cohérence.








En dépit de toute logique le film aligne alors une série de scènes complètement décalées, tel ce rêve « érotique », complètement gratuit et hors propos, l’apparition subite d’un morceau de corps humain dans un réfrigérateur ou encore le retour dans l’histoire d’un personnage, lequel est complètement hilare sans que l’on arrive à comprendre pourquoi. Le spectateur, déconcerté, essaye alors de se raccrocher à la trame principale, laquelle n’est pas sans renvoyer au From Beyond de Stuart Gordon avec cette espèce de créature ectoplasmique en forme de vers géant, venu d’une autre dimension et pouvant visiblement générer un climat de paranoïa autour de lui et altérer la réalité (un protagoniste voit les autres sous forme de monstres un bref instant, un autre voit un étrange individu apparaître soudainement pour lui placer la tête dans un bocal rempli d’araignées…).






Mais alors qu’on se croit en terrain connu, on perd vite pied avec l’orientation du scénario qui vire au n’importe quoi : le professeur des étudiants devient subitement un psychopathe qui abat un de ses élèves et qui se fait aider par un assistant attardé mental qui lui sert apparemment de cobaye, tandis que l’un des personnages va découvrir dans les fondations de la maison un tout un tas de cadavres gluants, censés être les victimes des expériences du savant fou avant de finalement servir d’hôtes pour de grosses larves d’origine extraterrestre… Impossible alors de savoir de quoi il est réellement question dans ce Nightwish et le récit stagne complètement.






Le rythme du film se fait en dents de scie, alternant des passages lents (dialogues stupides et inutiles entre les acteurs qui déambulent dans la maison) et aux séquences « horrifiques » mais non raccordées entre elles, qui accentue encore plus la bizarrerie générale du métrage. Et alors que le final semble apporter un semblant d’explication à tout ça, avec cette expérience sur les rêves du début de l’histoire, un nouveau retournement de situation vient remettre en question cette idée. Un habile pied de nez aux histoires à queue de poisson du genre horrifique ou bien est-ce que le réalisateur ne savait pas lui-même où il voulait en venir ? Dans tous les cas, la conclusion de Nightwish a de quoi laisser perplexe et la réaction du spectateur va surtout dépendre de son humeur du moment !






L’ambiance véritablement onirique du film, et l’impression de confusion qui en résulte, ne dépend pas uniquement de cette histoire totalement déstructurée et compte aussi sur une mise en scène assez inspirée (vue subjective depuis une bouche ouverte !), un éclairage particulier mais assez cheap à base de vert fluo et surtout sur la présence du studio KNB pour les effets spéciaux, le trio nous livrant de belles amputations, des corps visqueux à moitié liquéfiée et un splendide crâne qui se fissure avant de libérer une horde de cafards ! Là dessus, Nightwish sait se montrer très généreux. Reste les effets visuels liés à l’ectoplasme, plutôt décevant et ayant très mal vieillis…








Pour les acteurs c’est une véritable catastrophe qui là encore en rajoute à la situation (est-ce que personne ne semble réagir normalement parce que c’est le réalisateur qui l’a voulu ainsi ou parce qu’ils étaient tous nuls ?), même s’il faut compter sur la présence sympathique de Elizabeth Kaitan (une habituée des nanars sexy et érotiques tel que les Vice Academy 3 à 5, Dr. Alien ou encore Slave Girls From Beyond Infinity) et surtout du toujours impressionnant Brian Thompson, l’inoubliable tueur au couteau de Cobra. Dommage que celui-ci soit si en retrait dans l’histoire…






Typique de son époque (gore, érotisme, scénario stupide et bas budget), Nightwish possède quelques atouts dans sa manche mais se perd dans une histoire aberrante qui ne parvient pas à convaincre. Dans le genre, le Brain Dead de Adam Simon, avec Bill Pullman, est nettement préférable. S’il est difficile de dire si le film est raté ou réussi (enfin peut-être pas réussi quand même, faut pas exagérer !), celui-ci offre au moins une alternative intéressante à la plupart des films d’alors, souvent trop répétitifs.




Nightwish (USA, 1989)
Réalisation : Bruce R. Cook
Scénario : Bruce R. Cook
Musique : Phil Davies et Mark Ryder
Avec : Alisha Das, Elizabeth Kaitan, Clayton Rohner,
Jack Starrett, Brian Thompson…








© Adrien Vaillant

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Published by DocPoulet - dans 1989
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